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Elle l'a perdu, lui
semble-t-il, en allant faire ses courses. Mais allons donc savoir! C'est triste
de perdre un gant. Une paire c'est une paire! C'est comme des jumeaux, des amis
inséparables
qui ont besoin l'un de l'autre.
Qu'à cela ne tienne qu'elle se dit, Je ne vais pas commencer à "marcher tête basse" dans l'espoir de le retrouver; encore moins de revenir sur mes pas.
Sur le chemin du retour,
sac en bandoulière - ce qui lui laisse la possibilité de camoufler sa main nue
au fond de sa poche, et de porter son sac de provision de l'autre main gantée.
Tête haute, nez au vent d'un pas alerte, elle est heureuse de rentrer chez
elle.
Le sol était à peine
recouvert d'une légère neige blanche toute fraîche tombée. L'érable
argenté tout près de la maison ressemblait à un bel arbre de Noël
plein d'étoiles de neige.
À ses pieds des pas d'homme, on était venu y accrocher un gant de femme, le sien.
En échange de cette
gentillesse, la dame est revenue sur ses pas - cette fois - pour déposer à la
place du gant retrouvé, un petit billet:
"Monsieur je vous remercie beaucoup. Je sais que vous êtes un homme; j'ai
vu vos pas sur la neige.
Je vous tends
chaleureusement la main,
celle que j'ai gardée au chaud. Demain, l'autre redeviendra semblable à
elle-même grâce au gant retrouvé".
Le lendemain, la neige était fondue et le petit billet n'y était plus.
Par Angéline
Extrait de Virage déc.2000-jan.2001
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